Peter Lindemann, de la bougie à plasma à Stanley Meyer

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En juillet 2008, Aaron Murakami entre dans l’atelier de Peter Lindemann avec une caméra. Sur l’établi, une bougie d’allumage, une bobine et un circuit que Lindemann a reproduit après avoir lu les messages de GoToLuc. Le plan de la démonstration est simple. Faire jaillir l’étincelle, changer un élément du circuit, puis pulvériser de l’eau sur la bougie. Pour comprendre ce que Lindemann a apporté au dossier de l’eau comme carburant, c’est un bon point de départ.

Dans ce dossier

Juillet 2008, trois essais sur la même bougie

Le 16 juillet, Lindemann décrit la première séquence, une étincelle obtenue par décharge d’un condensateur dans une bobine d’allumage. Il ajoute ensuite une diode haute tension et observe de nouveau la décharge. Dans la troisième configuration, la diode reste en place et de l’eau est pulvérisée sur la bougie. Il dit avoir construit le montage pour étudier le phénomène et chercher encore à expliquer l’effet qu’il observe. Le lendemain, il partage le lien de la vidéo filmée par Aaron.

Le même fil mélangeait des essais de plusieurs équipes. Lindemann propose de séparer la piste de GoToLuc de celle de S1R, qui cherchait à modifier l’allumage d’un moteur. Cette remarque aide à s’orienter dans des centaines de pages où l’on passe vite d’une étincelle visible sur établi à des récits concernant des machines complètes. La comparaison de Lindemann porte sur l’étincelle et l’effet de l’eau au voisinage de la bougie.

À lire dans les archives. Water Sparkplug, messages 167, 174, 179 et 180 · Vidéo de la démonstration citée par Lindemann

10 juillet 2008, la température de l’étincelle fait débat

Avant de montrer son propre montage, Lindemann assiste à plusieurs essais d’Aaron. Dans le message 96, il raconte qu’un thermomètre infrarouge affiche une valeur inférieure à l’ambiante lorsqu’ils visent la zone de l’étincelle. Il dit avoir essayé l’appareil sur des objets voisins et avoir observé que la bougie ne devenait pas chaude pendant cet essai. La lecture d’un thermomètre sur une décharge brève, petite et lumineuse est difficile à interpréter. L’affichage et l’échauffement de la bougie correspondent à deux observations distinctes. L’appareil voit une zone plus large que le point rouge qui sert à viser.

16–19 juillet, ce qui change entre les essais

  • Message 167, le banc filmé. Lindemann précise que le condensateur est isolé de sa source de charge avant chaque décharge. La valeur de 47 µF et la tension d’environ 140 V qu’il rapporte représentent environ 0,46 joule stocké avant l’impulsion. Ce calcul décrit le condensateur à cet instant. Pour connaître la consommation du montage entier, il faudrait aussi mesurer ce que l’alimentation et la commande dépensent pour chaque cycle.
  • Messages 174, 179 et 180, l’expérience devient consultable. Lindemann demande de distinguer la bougie sur établi et le montage attribué à S1R pour un moteur. Aaron annonce les photographies et les schémas. Lindemann renvoie à la vidéo le 17 juillet. On dispose ainsi de son compte rendu, de l’annonce des documents et d’une démonstration filmée.
  • Message 187, ce que le film laisse de côté. La première version d’Aaron employait un condensateur plus grand. À l’autre extrême, un essai à 1 µF ne donnait pas chez eux un effet exploitable pour la démonstration. Les 47 µF étaient la plus petite valeur qu’ils avaient essayée avec un effet assez net dans leur configuration. Lindemann raconte aussi que des contacts de relais se sont soudés et que deux onduleurs ont été endommagés au cours de la mise au point.
  • Messages 188, 227 et 239, les essais se poursuivent. Lindemann estime que plusieurs participants ont reproduit l’effet de GoToLuc et précise que la piste S1R suit son propre fil. Lorsque Luc décrit une autre configuration, Lindemann envisage de l’étudier. Le lendemain, il félicite Marcel pour une vidéo qui rend compte de son propre essai.

Ces échanges éclairent l’intérêt de la vidéo. Elle permet de voir ce que l’ajout d’une diode puis l’arrivée de gouttelettes changent sur la même bougie. Pour étudier l’effet au-delà de son apparence, les grandeurs à séparer sont l’énergie électrique par impulsion, l’effet mécanique de la décharge et les éventuels produits gazeux. Chacune demanderait une mesure différente.

Dans les archives. Water Sparkplug, message 96 sur le thermomètre · Message 167, les trois essais · Message 180, la vidéo · Message 187, les essais de mise au point · Message 227, réponse à Luc · Message 239, l’essai de Marcel

Janvier 2010, ce qu’il précise au sujet de Stanley Meyer

Sur Tesla3, j’avais conservé une transcription du passage consacré à Meyer dans la conférence de Lindemann pour KeelyNet. Il y propose une lecture de la cellule et des impulsions électriques, dans le cadre d’une présentation destinée à un public plus large. En janvier 2010, un membre du forum lui demande s’il maintient cette explication et s’il compte publier de quoi reproduire le système.

Lindemann répond que des personnes ayant connu Meyer lui ont dit que son explication était globalement juste, avec des simplifications voulues pour la conférence. Il situe à la fin de l’été 2008 le moment où il comptait reprendre le sujet avec Aaron. Selon lui, le projet s’est arrêté quand ils ont manqué de moyens. Pour l’histoire de Meyer, cette réponse documente l’origine de son interprétation et le sort du projet. La vidéo de juillet documente, elle, une expérience menée par Lindemann sur une bougie.

À lire dans les archives. La transcription sur Tesla3, dans les archives Dave Lawton · Open Letter to P. Lindemann, message 2 du 11 janvier 2010 · Le dossier français sur Stanley Meyer

Ce que Lindemann lit dans le dessin du brevet

Dans la transcription anglaise que j’ai publiée en 2007, Lindemann s’arrête sur trois éléments. Les cylindres concentriques de Meyer forment les électrodes. Une diode placée dans le circuit d’alimentation impose un sens de conduction. Les bobines intercalées entre le transformateur et la cellule, souvent appelées chokes dans les documents anglais, modifient les impulsions appliquées à l’ensemble. À partir de ce dessin, Lindemann imagine une tension qui monte par paliers entre les électrodes, puis une décharge suivie d’une pause avant la reprise du cycle.

Le mot « résonance » est au centre du désaccord. Le brevet US 4 936 961 présente la cellule comme partie d’un circuit électrique résonant. Lindemann lit dans la diode l’indice d’une charge par paliers qui l’amène à contester cette explication. Il attribue aux bobines le rôle d’atténuer les pics susceptibles de déclencher trop tôt la décharge. La présence d’une diode, à elle seule, ne permet pas de déduire toutes les formes d’onde d’un circuit à impulsions. Pour départager ces lectures, il faudrait suivre la tension et le courant à la cellule au fil d’un train d’impulsions et relever le moment où le gaz apparaît.

Extrait de la conférence de Peter Lindemann sur le circuit de Stanley Meyer
Document conservé dans les archives Tesla3 sur l’électrolyseur de Meyer. Lindemann y commente le rôle de la diode.

Lawton, Aaron et Qiman13 examinent d’autres pistes

Dans les archives de Dave Lawton, l’accent porte sur le conditionnement des tubes, le réglage des impulsions et la mesure du gaz. Lawton publie un relevé de 137 cm³ en 21 minutes et le compare à un calcul de Faraday fait à partir du courant qu’il rapporte. Cette comparaison dépend de la charge électrique totale transférée, c’est-à-dire de l’intégrale du courant dans le temps, et des conditions dans lesquelles le gaz est recueilli. Un courant efficace, indiqué dans son relevé, ne donne pas à lui seul cette charge pour une forme d’onde impulsionnelle.

Les échanges d’Aaron et de Qiman13, conservés sur une autre page de Tesla3, reviennent sur le sens des enroulements bifilaires et sur les différences entre plusieurs figures attribuées à Meyer. Leur démarche cherche à reconstruire le montage à partir des dessins et des notes techniques. Ce travail permet de situer le commentaire de Lindemann parmi plusieurs lectures de la même documentation. Sa réponse de 2010 ajoute un témoignage sur l’accueil de sa conférence et sur l’arrêt de son projet avec Aaron. Les essais de Lawton et les échanges d’Aaron et de Qiman13 ont leur propre chronologie.

Dans les archives. Archive Tesla3, transcription de la conférence et passage sur la diode · Brevet Stanley Meyer US 4 936 961 · Archive Dave Lawton, essai et échanges sur la cellule · Archives des essais d’Aaron et Qiman13 · Open Letter, réponse de Lindemann du 11 janvier 2010

Hairpin, lampes et chauffage à impulsions

L’étincelle de la bougie est un exemple parmi d’autres des phénomènes impulsionnels qui intéressent Lindemann. En 2008, il commente le Hairpin présenté par Karl Palsness, un montage inspiré des expériences de Tesla avec des barres de cuivre. Dans le fil d’Imhotep, il s’intéresse au moment où deux impulsions atteignent une lampe fluocompacte et avance que les bobines d’allumage doivent se comporter de la même façon pour comparer les résultats.

En 2009, dans le fil de Rosemary Ainslie, il dessine une variante de chauffage qui ferait circuler l’énergie entre un condensateur et un élément chauffant inductif. Le titre de son message suscite des réactions immédiates. Dans le message 9, il précise que le coefficient de performance supérieur à 20 est un objectif de conception. Le schéma du message 5 est présenté sans valeurs de composants.

À lire dans les archives. Tesla’s Stout Copper Bars, message 4 · Imhotep’s Radiant Oscillator, page 14 · COP 17 Heater, messages 5 et 9

Imhotep et Ainslie, deux façons d’observer les impulsions

Au message 200 du fil d’Imhotep, Lindemann propose de comparer deux bobines d’allumage identiques pour rapprocher les temps de montée des impulsions qui arrivent à la lampe. Il juge moins prometteuse l’idée de transférer ensuite cette énergie directement à une autre batterie. Selon lui, la différence d’impédance entre la sortie haute tension et la batterie compliquerait le transfert. Cette réponse montre que la charge retenue pour voir un effet lumineux n’est pas forcément la bonne charge pour étudier la récupération.

Dans la discussion sur le chauffage de Rosemary Ainslie, il cherche à distinguer l’énergie qui revient au condensateur et celle qui est réellement dissipée dans la résistance chauffante. Il avance qu’une part élevée de l’énergie inductive pourrait être recyclée, puis explique que le chiffre de 20 représente un objectif pour son projet. Dans le même fil, Aaron propose de comparer l’échauffement d’une quantité connue d’eau, ce qui déplacerait la discussion de la forme d’onde vers une mesure de chaleur sur une durée définie.

Dans les archives. Imhotep, message 200 · Ainslie, message 5, le schéma proposé · Message 9, l’objectif de performance

Edwin Gray et d’autres machines dans les archives

Dans le fil consacré à Edwin Gray, Lindemann précise que son ouvrage présente sa lecture des machines. Il explique aussi que la plupart des photos rassemblées dans cette discussion montrent des appareils d’Al Francour. Ce repère évite d’attribuer à Gray la construction de machines photographiées bien plus tard. Dans le fil consacré à Eric Dollard, il partage ses propres photos du générateur à capacité variable de Chris Carson.

D’autres discussions montrent comment il passe d’un matériau à un mouvement mécanique. Sur les noyaux de Bill Muller, il décrit un mélange de magnétite et de résine mis en forme sous l’action d’un champ magnétique. Pour le moteur magnétique Miller-Colson, il examine la course du mécanisme et la géométrie des aimants. Dans le fil sur le moteur pneumatique de Neal, il s’intéresse au volume situé entre deux clapets et se demande si une onde de pression pourrait y jouer un rôle. Ces messages mêlent des descriptions d’atelier et des hypothèses que les participants cherchent à départager.

À lire dans les archives. Le moteur à décharge de condensateur d’Edwin Gray · Le générateur à capacité variable de Chris Carson · Les noyaux de magnétite de Bill Muller · Le moteur Miller-Colson · Self-Running Ambient Heat Engine, message 51

Gray et Carson, deux exemples où la provenance des images compte

Le 7 avril 2011, Lindemann explique qu’il suit le dossier d’Edwin Gray depuis 1973. Il présente son livre sur l’électricité froide comme une interprétation de l’alimentation du moteur. Quand un membre cherche des plans de fabrication, Lindemann distingue les dessins du brevet, les photographies de l’époque et les montages plus récents d’Al Francour. Le brevet US 4 595 975 donne un point de départ pour repérer le tube de conversion, les éléments de stockage et la charge inductive. Les archives de Tesla3 permettent de comparer le dessin du brevet à la version simplifiée que Lindemann en a tirée.

En novembre 2009, dans un fil sur Eric Dollard, Lindemann se retrouve dans une situation différente. Il dit posséder la machine dont il publie les photos, le générateur à capacité variable de Chris Carson. Il présente deux ensembles de plaques décalés l’un par rapport à l’autre. Sur ses vues de bout, les plaques du rotor peuvent être alignées avec celles du stator ou s’en écarter. Le recouvrement permet de visualiser les positions de capacité maximale et minimale. Lindemann précise qu’il n’avait encore mené aucun essai personnel sur cette machine au moment de publier les images. Ses photos documentent donc l’objet, tandis que les performances évoquées dans le fil relèvent d’un autre niveau d’information.

Dans les archives. Edwin Gray, message 11, le livre de Lindemann · Message 14, l’origine des photographies · Brevet Edwin Gray US 4 595 975 · Archive anglaise Tesla3 sur le dossier Gray · Chris Carson, message 22, provenance de la machine · Message 24, les photographies

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