Peter Lindemann, des moteurs à attraction aux essais avec John Bedini

À la coupure du courant, une bobine peut encore rendre une partie de l’énergie stockée dans son champ magnétique. Peter Lindemann a passé des années à explorer ce que l’on pouvait en faire. Sur son établi et sur celui de John Bedini, cela pouvait vouloir dire faire tourner un rotor tout en allumant une lampe, ou renvoyer une impulsion vers une batterie. Sur Energetic Forum, la même question revenait sous des formes différentes. Quelle énergie récupère-t-on réellement, une fois le montage en marche et la charge branchée ?

J’avais conservé sur Tesla3 quatre volets en anglais consacrés à son moteur à attraction. En revenant aux discussions d’origine, j’ai retrouvé une histoire plus large, faite de prototypes, de mises au point collectives et d’essais dont Lindemann a lui-même raconté l’issue. Les messages cités ici vont de 2007 à 2016. Le forum affiche un compteur de 1 192 messages pour son compte, et son profil archivé ne fournit plus la liste de ses interventions.

À lire dans les archives. Profil de Peter Lindemann sur Energetic Forum · Premiers échanges d’Electric Motor Secrets

Quelles machines Lindemann a-t-il vues fonctionner ?

Le 23 novembre 2009, dans l’atelier de John Bedini, Peter Lindemann voit deux montages en marche. L’un commute quatre batteries. L’autre allume une ampoule. Un an plus tard, sur Energetic Forum, il écrit que Bedini est le seul inventeur qu’il ait vu construire régulièrement des machines qu’il qualifie d’autoentretenues. Le cas qu’il décrit sur la plus longue durée est celui d’un moteur SG dont les batteries changeaient de place toutes les douze heures.

Le Bedini SG qui a tourné plusieurs semaines

Dans le message n° 9 de Seriously … has anyone been successful?, Lindemann se souvient d’un essai de six semaines en 2002, arrêté volontairement. Un autre de ses messages, reproduit dans un fil en 2015, décrit 60 jours de marche continue. Le rapprochement entre les deux récits reste incertain.

Le montage des 60 jours est le mieux décrit. Une batterie alimentait deux bobines d’entraînement pilotées par un commutateur Cole à capteur Hall. Les deux enroulements de récupération étaient montés en série. Leurs impulsions passaient par un pont de diodes et chargeaient un condensateur de 333 000 µF, donné pour 36 V. Il était chargé quelques volts au-dessus de la tension du banc, puis un contacteur mécanique rotatif le déchargeait dans cinq batteries de 12 V en parallèle, environ une fois par seconde. Toutes les douze heures, Bedini prenait une batterie du banc pour remplacer celle qui alimentait le moteur.

Schéma de principe du Bedini SG. Une batterie alimente deux bobines. Un pont de diodes et un condensateur envoient des impulsions à cinq batteries en parallèle, permutées avec la batterie motrice toutes les douze heures.
Schéma de principe Tesla3 d’après le récit de Lindemann. Voir la photo du montage que Murakami associe à cette méthode et son compte rendu de la démonstration de 2019.

Lindemann signale également une machine de Bedini vue en 2007, qui aurait tourné 24 heures sur une seule batterie, avec une tension stable au centième de volt. Son message donne la durée et la tension. Le modèle précis et la puissance fournie restent à établir.

Sources. Témoignage de Lindemann du 23 octobre 2010, n° 9 · Récit des 60 jours reproduit au n° 59 · Le SG à six bobines construit en 2004, autre montage décrit par Lindemann au n° 10

Les pendules et les batteries qui semblaient se recharger

Lindemann a aidé Bedini à construire trois pendules expérimentaux. Le 18 octobre 2007, il raconte avoir testé certains montages sur plusieurs semaines. Lors de plusieurs essais de quatre jours, la batterie motrice semblait conserver sa charge. Les batteries réceptrices, elles, donnaient d’abord l’impression de se recharger rapidement, puis finissaient hors service.

Pendule expérimental de Bedini avec bras bleu et support triangulaire, à côté des instruments de mesure.
Un pendule expérimental de Bedini sur l’établi. Image d’archive conservée sur Tesla3.

Les deux sorties du circuit jouaient des rôles différents. Lindemann attribue le retour du courant ordinaire à la batterie motrice. Du côté des batteries réceptrices, l’équipe tentait de charger avec ce qu’il appelait de l’« énergie radiante pure ». Il juge finalement le pendule défaillant comme chargeur. Il précise aussi que certaines séquences du film avaient été tournées avant la fin de la recherche. Le câblage précis est resté inédit.

Le circuit du pendule répartit ses impulsions entre la batterie motrice et les batteries réceptrices. Lindemann rapporte une alimentation stable pendant quatre jours et la mise hors service des batteries réceptrices.
Schéma de principe Tesla3 des deux sorties décrites par Lindemann et du comportement observé sur chaque groupe de batteries.

Sources. Bedini Pendulum, messages 19, 24 et 25

Le Tesla Switch et le Scalar Charger vus sur l’établi

Le premier appareil vu le 23 novembre 2009 est le Tesla Switch à quatre batteries, un commutateur dont Lindemann rattache le circuit à Ronald Brandt. En 2007, il disait encore n’en avoir vu fonctionner aucun. Il rapportait déjà que le cigar box de Bedini avait, selon son inventeur, fait tourner un petit moteur pendant plus de six mois. Cette durée vient du récit de Bedini. Pour le montage vu en 2009, le compte rendu indique qu’il fonctionnait lors de la visite.

Le second appareil est le Scalar Charger. Une batterie et deux condensateurs alimentaient une ampoule. Lindemann dit que la batterie conservait sa charge pendant l’observation. Son message identifie une charge extérieure concrète. La puissance de l’ampoule et la durée de l’essai restent inconnues.

Schéma d’archive du Scalar Battery Charger montrant deux condensateurs, une batterie de 12 V, la charge et le circuit de commande.
Schéma d’archive intitulé The Scalar Battery Charger, conservé sur Tesla3. Il montre les deux condensateurs, la batterie, la charge et le circuit de commande. Lire l’explication de Bedini dans le fil.

Sources. Récit du cigar box et rapport Mueller · Lindemann en 2007, n° 16 · Observation des deux appareils, n° 591

Les démonstrations Kromrey et Benítez

En 2016, Lindemann présente un générateur Kromrey à deux pôles construit par Bedini. Aaron Murakami rapporte environ 32 W absorbés par le moteur d’entraînement et 72 W annoncés du côté de la batterie en charge pendant la démonstration. Dans les échanges du forum, Lindemann invite à distinguer la machine du brevet des variantes de Bedini et à regarder comment le freinage change selon la charge.

Coupe du générateur électrique de Raymond Kromrey, figure 1 du brevet US3374376 de 1968.
Figure 1 du brevet US3374376 de Raymond Kromrey, publié en 1968. La démonstration de 2016 portait sur la version à deux pôles construite par Bedini.

Dans un autre message d’août 2016, Lindemann décrit son propre moteur sur un circuit à trois batteries. Il estime avoir récupéré 95 % de l’énergie d’alimentation lors du premier essai. Il signale ensuite avoir remplacé des batteries défectueuses du lot initial et installé des diodes plus rapides.

En 2018, il présente un petit montage inspiré des brevets de Carlos F. Benítez. Murakami rapporte que le moteur-générateur a tourné pendant le week-end de la conférence avec maintien de la charge des batteries. Il décrit une démonstration de faible puissance.

Planche du brevet britannique GB191417811 de Carlos F. Benítez avec le circuit et son commutateur.
Planche historique du brevet britannique GB191417811 de Carlos F. Benítez. Le montage présenté par Lindemann en 2018 s’inspirait de ces travaux.

Sources. Fil Kromrey Disclosure, échanges et photo d’archive · Compte rendu de la démonstration Kromrey · Compte rendu de la démonstration Benítez

Lockridge, Edwin Gray et la Testatika dans ses écrits

Lindemann présentait aussi le Lockridge, le moteur EMA d’Edwin Gray et la Testatika de Paul Baumann comme des machines ayant fonctionné. Les quelque 300 W d’éclairage attribués au Lockridge viennent de son récit historique. Les textes retrouvés sur Gray et la Testatika donnent son interprétation de ces machines. La documentation disponible pour ces trois cas est surtout historique. Lire le dossier historique Lockridge de Lindemann. Lire son texte The World of Free Energy.

Ce qu’il faudrait mesurer sur la durée

Les semaines de rotation du SG, l’ampoule du Scalar Charger et les batteries mises hors service par le pendule répondent à des questions différentes. Pour établir une production nette sous charge, il faudrait réunir, sur le même essai, les wattheures apportés au montage, ceux livrés à la charge extérieure et l’énergie que toutes les batteries peuvent restituer avant et après. C’est ce bilan qui permettrait de suivre une autonomie réelle dans le temps.

Pour poursuivre dans les archives de Tesla3, voir les essais de Peter Lindemann avec John Bedini, le dossier de Bob Teal à Lockridge et le dossier Edwin Gray et la Testatika.

Les trois dossiers à lire

Montage d’essai du moteur rotatif à attraction de Peter Lindemann
Le moteur rotatif à attraction présenté par Peter Lindemann en 2007. Voir les photos et le schéma dans les archives de Tesla3.

Moteurs à attraction et dispositif Lockridge

Le Magnipulsion de Bob Teal utilisait des électroaimants pour attirer des pièces mobiles et entraîner un vilebrequin. Lindemann raconte qu’il a repris cette piste avec un moteur construit en 1983. En 2007, il montre une version rotative réalisée à partir d’un moteur du commerce et échange avec ceux qui en construisent une à leur tour. Sur le forum, les questions deviennent très concrètes. Comment réduire l’entrefer entre rotor et stator ? À quel moment couper le courant ? Comment mesurer le couple lorsque le moteur entraîne une charge ?

En 2011, dans le fil Lockridge, il reprend la même idée sous une autre forme. Il propose un moteur qui fournit du travail à l’arbre et un circuit qui renvoie de l’énergie électrique vers une batterie. Son coefficient de performance de 1,5 illustre un calcul à partir de valeurs supposées. Quand les premiers montages arrivent, les échanges portent sur la position des balais, le raccordement du collecteur et la façon de consigner les comportements inattendus.

À lire dans les archives. Electric Motor Secrets, messages 3, 7 et 10 · Lockridge Device, message 162 · Lockridge Device, messages 323 et 325

John Bedini, les pendules et le Tesla Switch

Lindemann dit avoir construit trois pendules expérimentaux avec Bedini. Pendant les premiers essais, les batteries réceptrices semblaient se charger rapidement. Sur la durée, elles se sont dégradées. En octobre 2007, il explique qu’une partie des séquences filmées avait été tournée avant la fin des essais. Ce témoignage donne une suite à l’histoire que la caméra avait saisie en cours de route.

Dans les fils sur les chargeurs Bedini, Lindemann revient au détail du câblage et aux essais en ajoutant un enroulement à la fois. Son récit du Tesla Switch évolue lui aussi. En 2007, il écrit qu’il n’en a encore jamais vu fonctionner. En novembre 2009, il dit avoir vu sur l’établi de Bedini un commutateur à quatre batteries et avoir lu une lettre de Ron Brandt datée de 1984.

À lire dans les archives. Bedini Pendulum, messages 19, 24 et 25 · Bedini Solid State Oscillators · Use for the Tesla Switch, message 591 · Dossier John Bedini sur Tesla3

Une bougie à plasma, puis la question Stanley Meyer

En juillet 2008, Aaron Murakami vient filmer un essai dans l’atelier de Lindemann. Celui-ci a reproduit le circuit de GoToLuc et compare trois configurations. On passe de l’étincelle seule à l’étincelle avec diode haute tension, puis à la même configuration avec de l’eau pulvérisée sur la bougie. Dans son compte rendu, Lindemann dit chercher encore l’explication de ce qu’il observe.

En janvier 2010, il revient sur une autre histoire, celle de sa conférence sur Stanley Meyer. Il indique que des personnes ayant connu Meyer jugeaient son explication globalement juste, quoique simplifiée. Le projet qu’il comptait approfondir avec Aaron s’était arrêté faute de moyens à la fin de l’été 2008. Le premier document raconte donc un essai qu’il a lui-même réalisé. Le second éclaire l’origine de son interprétation du système Meyer.

À lire dans les archives. Water Sparkplug, messages 167 et 180 · Open Letter to P. Lindemann, message 2 · Dossier Stanley Meyer sur Tesla3

De Tesla à Edwin Gray et aux générateurs

On retrouve Lindemann dans des discussions sur le Hairpin de Tesla, les lampes d’Imhotep et le circuit de chauffage de Rosemary Ainslie. Il intervient aussi sur le générateur Kromrey, où il insiste sur le modèle exact et la charge utilisée, et sur les noyaux de magnétite de Bill Muller. Dans le dossier Edwin Gray, il sépare les machines originales des reconstructions. Au fil des échanges, une même habitude rend ces archives précieuses. Pour comprendre un résultat, il faut savoir qui a construit la machine, comment elle a été câblée et ce qui a été mesuré.

À lire dans les archives. Le Hairpin de Karl Palsness · Le fil Rosemary Ainslie · Le générateur Kromrey · Le fil Edwin Gray

Les archives anglaises de Tesla3

Explorer le dossier Peter Lindemann

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